| En millions d'euros | 2009 | 2008 | Variations |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | 349,5 | 408,9 | - 14,5 % |
| Capacité d’autofinancement | 61,8 | 71,5 | - 13,5 % |
| Investissements industriels nets | 26,3 | 38,4 | - 31,4 % |
| Effectifs inscrits fin de période * | 3 333 | 3 565 | - 6,5 % |
| Effectifs équivalents temps plein ** | 3 510 | 3 782 | - 7,2 % |
** y compris intérimaires
Les éléments externes qui ont eu une influence significative sur nos marchés peuvent être résumés comme suit :
- Chute brutale des commandes d’avions commerciaux de plus de 100 places après plusieurs années euphoriques depuis 2004. Au total, le nombre de commandes (avant annulations) est limité à 413 unités réparties de la façon suivante : 271 chez Airbus et 142 chez Boeing.
- Des cadences de production qui se maintiennent à un bon niveau et permettent de livrer 979 unités dont 498 pour Airbus qui bat un nouveau record.
- Un carnet de commandes de 3 488 avions chez Airbus (6 ans de production) et de 3 361 avions chez Boeing (7 ans de production) toujours très solide.
- Un retard significatif des deux programmes phares représentés par l’A380 et le B787 et un sujet de développement en cours : l’A350.
- Un effondrement des carnets de commandes de près de 30 % par rapport à 2008 concernant les avions régionaux qui entraine des déstockages massifs de la part des constructeurs.
- Un déstockage de l’ensemble de la filière des sous-traitants ainsi que des distributeurs qui avaient sur-commandé jusqu’au 1er semestre 2010.
En 2009, l’industrie aéronautique a souffert du ralentissement sans précédent du trafic international mondial (- 3,5 %)1 malgré les bons chiffres des derniers mois et des capacités offertes en baisse de - 3,2 %1. Pour le fret, le recul du trafic est encore plus impressionnant (- 10,1 %)1.
La flotte d’avions anciens est donc en recul régulier : elle compte 2 709 avions, soit environ 12 % de la flotte mondiale, qui continue néanmoins à progresser. En conséquence, la situation des compagnies aériennes masque des réalités très différentes : certaines grandes compagnies « legacy », subissent toujours un recul de trafic tandis que les grandes « low cost » et les compagnies chinoises enregistrent chaque mois de nouveaux records.
Dans ce contexte dégradé, le chiffre d’affaires de la division aéronautique de LISI a connu une vraie baisse de ses livraisons à partir du mois de juin, principalement aux Etats-Unis, pour terminer à 349,5 M€ soit - 14,5 %. Pour le seul secteur aéronautique (hors Racing et médical) la baisse s’affiche à - 12,3 % dont - 19,6 % aux Etats-Unis.
Le quatrième trimestre s’est poursuivi avec le même décrochage que celui constaté au troisième trimestre : - 35,0 % pour la division et - 35,1 % pour la seule activité aéronautique, dont - 49,3 % aux Etats-Unis. Cette rupture s’explique par l’assèchement du carnet à livrer à court terme sous l’effet des annulations, des reports et du non enregistrement des commandes. Les stocks spéculatifs créés pendant la période 2005 - 2008 doivent être apurés avant de retrouver une demande normale, sachant que le rythme des commandes de fixations est largement en-dessous du niveau des cadences actuelles de livraison.
Le décrochage se poursuit donc sur l’ensemble du second semestre à - 27,4 % dont l’analyse par segment de ventes montre que les sous-traitants d’aérostructures et les distributeurs ont vu leurs ventes s’écrouler de respectivement - 32 % et - 35 % au cours du second semestre, tandis que les deux grands constructeurs (Boeing et Airbus) ont ajusté leurs besoins de respectivement - 27 % et - 8 %. Au total, 77 % de la baisse du semestre proviennent des équipementiers d’aérostructures et des distributeurs.
L’industrie médicale n’a pas été épargnée par la crise, en particulier en ce qui concerne les soins de confort comme les soins dentaires. En complément de ce mouvement de marché, la filière de production doit ajuster ses niveaux de stocks et rapatrier certains volumes de sous-traitance en interne.
En conséquence, l’activité aux Etats-Unis s’est fortement contractée, tandis que l’Europe faisait preuve de plus de résistance. LISI MEDICAL voit ainsi son chiffre d’affaires reculer de - 22 % à près de 19 M€ contre 24 M€ en 2008.
Sous l’effet de la crise financière, les budgets des équipes engagées dans les différentes compétitions automobiles (Formule 1, endurance, NASCAR, IRL ...) ont subi des coupes drastiques, voire même ont disparu (BMW, Toyota,...). Les débouchés de la très haute technologie de Blanc Aéro Technologies en Europe ou de la filiale A1 aux Etats-Unis se sont donc subitement taris.
Le chiffre d’affaires de ce segment a fondu à 12 M€ contre 21 M€ en 2008 (- 41 %) et ce, malgré une reconversion rapide des deux sites industriels vers une activité aéronautique.
Dans cet environnement très dégradé, la division continue ses progrès afin de s’adapter aux attentes de ses clients : efforts de structuration de process globaux et des fonctions transversales, déploiement d’un ERP central, analyse des capacités industrielles et de système de qualité groupe, et enfin, efforts sans précédent de développement de nouveaux produits (notamment pour le futur A350 d’Airbus). LISI AEROSPACE s’est vu récompensé par l’attribution de plusieurs prix que lui ont décernés ses clients tels que Embraer, MTU, UTC (Gold Award) et Boeing (Gold rating pour l’usine de Dorval) ou par la reconduction de contrats.
Sur le plan des opérations, l’ajustement des coûts variables se poursuit avec, notamment, la très forte diminution des heures supplémentaires, des intérimaires et certaines équipes additionnelles. Les effectifs totaux se sont ajustés de près de 1 000 personnes en ETP2 entre Décembre 2008 (4 200 ETP) et Décembre 2009 (3 200 ETP), soit une baisse de la masse salariale de près de 25 %. Ces mesures ont principalement touché le personnel de production pour près de 70 % du total avec des diminutions liées aux heures supplémentaires pour 264 ETP, aux recours au chômage partiel pour 92 ETP et à la quasi suppression des intérimaires pour 319 ETP. Cette adaptation conjoncturelle a permis de conserver une rentabilité conforme à celle des « bas de cycle » précédents.
L’EBITDA de la division ressort à 73,6 M€, dont 28,3 M€ sur le second semestre soit 18,9 % du chiffre d’affaires qui correspond à la période d’ajustement de la production.
L’EBIT de la division ressort à 47,6 M€, soit 13,6 % du chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’exercice. Il convient de rappeler qu’il avait été de 33,5 M€ (17 % des ventes) au 1er semestre 2009.
Il est important de souligner la hausse significative des provisions courantes (5,6 M€) : elle concerne principalement les stocks de produits finis essentiellement liés à l’anticipation d’une rotation plus lente due à la forte baisse du chiffre d’affaires ainsi que d’une dépréciation de certains stocks de matières premières.
Les coûts variables ont été ajustés de façon satisfaisante et, dans l’optique d’une reprise prochaine d’activité, les fonctions « support » ont été en partie préservées, en particulier en ce qui concerne la qualité, la recherche et le développement et les équipes informatiques en charge du déploiement de l’ERP.
La génération de free cash flow est très positive à 36,9 M€ grâce à une capacité d’autofinancement d’excellent niveau à 61,8 M€ et après des investissements toujours très importants de 26,3 M€ (7,5 % du chiffre d’affaires) et une stabilité du BFR. On notera que les stocks ont tout juste entamé leur ajustement au second semestre avec une baisse de 7,0 M€ seulement sur une base de 107,9 M€ au 31 décembre 2009. Les investissements concernent principalement les nouveaux produits développés à Saint-Ouen l’Aumône (2,8 M€), le déploiement informatique (1,6 M€), les dernières installations de la nouvelle usine à Izmir en Turquie (2,2 M€), la construction de la nouvelle usine de LISI MEDICAL à Neyron (1,5 M€) ainsi que divers équipements pour améliorer la productivité et la qualité en production.
Le mouvement de baisse entamé au second semestre devrait se poursuivre encore une bonne partie de l’exercice 2010 jusqu’à l’apurement de certains stocks. Le ralentissement de l’activité va progressivement s’atténuer pour se stabiliser à un niveau bas, surtout aux Etats-Unis. L’effondrement des commandes est effectivement plus impressionnant aux Etats-Unis (- 50 %) qu’en Europe (- 30 %). Les indicateurs du secteur aéronautique applicables aux produits de LISI AEROSPACE et qui pourraient signaler une reprise sont le redémarrage du trafic aérien, la santé financière des compagnies aériennes qui doivent prendre possession des nouveaux avions et l’avancement des derniers programmes (A380, B787 et A350). La fin du déstockage, notamment chez les équipementiers de l’aérostructure, permettrait également de retrouver un socle plus solide à l’activité européenne et américaine.
LISI AEROSPACE va intégrer la petite division Racing au secteur aéronautique avec une reconversion progressive vers des pièces mécaniques à destination des motoristes et des équipementiers.
Enfin, LISI MEDICAL est engagée dans un double chantier : redynamisation commerciale et réorganisation industrielle au cours du premier semestre 2010.
En parallèle, la division prépare l’intégration de l’activité de fabrication du site de Stryker Corporation situé à Caen-Hérouville, en cours d’acquisition.
1 Source IATA
2 ETP : Equivalent temps plein
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